Astuces d'auteur

Mon expérience à votre service

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Ecrire est à la fois la chose la plus simple du monde et la plus difficile.  Vous trouverez ici des astuces pour améliorer vos écrits. Pour avoir été édité à deux reprises, je mets mon expérience à votre service.

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Rendez-vous chez Cultura Annecy

Je serai en dédicace ce samedi 10 mars à Cultura Epagny près d’Annecy à partir de 10 heures. Venez me voir et parlons livre, romans policiers, Histoire…

Mes trois ouvrages :

Rendez-vous à Saint-Antoine publié aux éditions du polar en 2011

Tuez les tous, Dieu reconnaîtra (peut-être) les siens

Une douloureuse enquête publiée aux éditions Encre Rouge

Nouveau projet d’écriture

Gilbert_pencil-pusher-300x155Bonsoir,
J’entame un projet d’écriture enthousiasmant où mon imagination va pouvoir tourner à plein régime. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais je cherche quelques bêta-lecteurs-trices. Il s’agira de donner son avis sur un ou plusieurs épisodes et de corriger les coquilles.
L’avantage pour eux : découvrir en exclusivité certaines de mes histoires et ils auront droit à mes remerciements bien entendu 😉
P.S. : ce n’est pas du cinéma 😉

Il faut cultiver notre jardin

Comme le disait Voltaire dans son oeuvre « Candide », « il faut cultiver notre jardin », devenir meilleur individuellement et participer à l’évolution de l’Homme…

Autant la rage dans la vie de tous les jours n’est pas bonne conseillère, autant pour l’écriture elle apporte de la vie, un fond, des idées…
Battez-vous plutôt pour la liberté, le bien-vivre ensemble, l’emploi plutôt que pour du Nutella 😉 (et manger de la pâte à tartiner bio, c’est meilleur)…
Voici donc un extrait de Rendez-vous à Saint-Antoine, mon premier polar, publié aux (feux) éditions du Polar en 2011.
Si vous voulez un exemplaire, adressez-vous directement à moi, ce sera plus simple…

« Lucien donnait, ce soir-là, conférence aux murs. Casimir l’avait même vidé de La Gondole, c’était dire ! Il avait fini place Saint-Joseph dans un bar du centre-ville.. Il s’était réfugié dans le fond de la salle avec un énième verre de vin blanc à la main. Avec sa longue veste et son chapeau, il était seul, la mine défaite.
– S’il vous plaît monsieur, nous allons fermer, lui dit d’une voix impérieuse le serveur, pressé d’aller se coucher.
Alors comme l’aurait fait un général de brigade, il se leva d’une manière digne et solennelle. Il sortit du bar avec une trajectoire presque rectiligne, saluant au passage le tenancier avec son chapeau. Le pékin faisait peine à voir. Tard le soir, hagard, noyé dans le brouillard, Lucien Tordo devenait Lucien Tordard, à la démarche proche du clochard.
Il était ivre d’une formidable journée à parler à des fantômes qui ne lui répondaient pas. Alors, en dernier recours, il s’adressa aux réverbères qui jouèrent le rôle des élèves :
– Que signifie le sigle I.D.H. ? Vous ne répondez pas ? Nous l’avons pourtant vu la dernière fois ! Réverbère, avec un nom comme le tien, j’imagine que tu n’en as aucune idée ? Vous donnez votre langue au chat, hein ? Je m’en doutais. Il s’agit de l’Indice de Développement Humain. Il nous sert d’indicateur pour savoir où en est l’humanité… Et je vais vous dire moi où elle en est, je vais vous le dire ! Elle est comme vous ! Elle n’en est nulle part ! Au fond du trou du cul de la connaissance ! Nous sommes dans les limbes, les tréfonds du cerveau d’un poulet ayant eu la grippe aviaire ! Vous êtes mous ! Vous êtes morts, des morts-vivants auxquels on a greffé une oreillette de téléphone portable et tout ça pour quoi ? Pour vous abrutir nom de dieu, pour vous utiliser, vous exploiter ! Et le pire c’est que vous aimez ça, vous en redemandez à condition qu’on vous donne un moment pour jouer à la console ou mieux, un bon morceau de viande, bien gras, pour vous soulager le bide qui réfléchit plus que ce qui vous sert de cerveau ! »

Un joli cadeau de Noël, non ?

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Ce mois-ci, j’ai eu droit à une chronique très positive du très connu Quatre sans Quatre. Une douloureuse enquête a été finement décrit et qualifié de « bon polar au sujet original, à découvrir ! »

Vous pouvez retrouver l’intégralité de sa critique ici.

J’ai également répondu aux questions de Loli Artésia, chroniqueuse, interview que vous pouvez retrouver ici

Je parle des mes trois livres, dont le dernier, Une douloureuse enquête…

Pour le reste, je suis en hibernation à priori jusqu’au mois de mars. Une bonne occasion de me consacrer à l’écriture et à l’association Plein de Talent !

 

Papillon de nuit – R.J. Ellory

R.J. Ellory, Papillon de nuit

Après ma chronique sur Snjor de Ragnar Jonasson, polar islandais, me voilà sur les traces de R.J. Ellory et de son premier roman « Papillon de nuit », paru près de 12 ans après en France chez les éditions Sonatine, depuis peu en livre de poche.

J’avais déjà lu « Seul le silence » et je comptais bien lire d’autres œuvres de cet auteur anglais qui nous parle si bien des Etats-Unis.

Que nous dit l’éditeur sur cette histoire ?

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, lutte pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon de nuit, premier roman de R.J. Ellory nous emporte là où rodent la folie et le complot.

Ce que j’en ai pensé :

En refermant hier soir l’édition de poche de 510 pages, j’ai mieux compris pourquoi pourquoi sur la couverture avait été apposée une pastille rouge « Prix des lecteurs 2017 ». Je m’étais déjà fait mon opinion dès l’incipit : à mes yeux R.J. Ellory fait partie de la catégorie des maîtres du roman, qu’il soit policier ou non !

Petite citation pour s’en persuader :

Les gens ici, ceux qui m’entourent, on dirait qu’ils ont plus peur que moi. Presque comme s’ils comprenaient ce qu’ils font, ce meurtre d’hommes légal et approuvé, comme s’ils savaient qu’ils agissaient mal et craignaient les conséquences : pas pour moi, mais pour eux.

On le comprend d’emblée, R.J. Ellory prend position contre la peine de mort en dépeignant remarquablement l’univers carcéral ainsi que l’état psychologique de prisonniers condamnés à connaître une fin électrique

Le personnage principal raconte à un révérend sa vie d’avant et les circonstances qui l’ont mené dans le couloir de la mort. C’est là que se manifeste la puissance du récit, une fresque magistrale de l’Amérique des années 1960, un pays en plein changement, mais encore empli de préjugés raciaux et d’inégalités sociales criantes.

La guerre du Vietnam, la libéralisation des mœurs, la recherche de l’amour et la peine de mort constituent donc les principaux thèmes de cette oeuvre. On tremble avec Daniel devant le terrible M. West, en même qu’on identifie très bien ce personnage qui cumule toutes les tares : raciste, pervers, petit chef…

 

Les personnages sont ainsi profonds alors que l’histoire est impeccablement menée. Quelques longueurs sont possiblement présentes, mais on ressort de ce roman plus riche et c’est ce qui fait tout l’intérêt de la lecture en plus des émotions véritablement ressenties par le biais de Daniel.

Etant moi-même auteur, je suis très difficile envers mes prestigieux « collègues », mais là, je ne boude pas mon plaisir, je mets une note très rare pour moi : 4,5/5. Inutile de dire que je ne vais pas rater l’occasion de lire les autres ouvrages de R.J. Ellory !

 

 

Choisir le titre de sa nouvelle ou de son roman

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Voilà un sujet plus épineux qu’il n’y paraît. Choisir le titre d’une oeuvre.

Si parfois le titre nous paraît être une évidence, la première règle en plus de se laisser aller à ses intuitions est d’être dans le même temps prudent et avoir en tête que vous pouvez le changer à tout moment.

Si vous n’avez pas d’idée en tête, pas d’inquiétude, faites une liste des mots qui comptent, des principaux thèmes qui jalonnent votre roman, des messages que vous voulez faire passer, du genre choisi. Pour mon dernier roman, le lecteur comprendra aisément en voyant le titre « Une douloureuse enquête » qu’il s’agit d’un polar.

Votre titre doit donc combiner un certain nombre d’ingrédients. Le dernier n’est pas le moins important, il faut vérifier s’il n’existe pas déjà !

Vous avez choisi, vous êtes fier… Hum, reste l’éditeur qui  vous suggéra peut-être gentiment d’en choisir un autre ! Eh oui, cette personne, indispensable à l’auteur, est un être parfois peureux, soucieux du contexte. Je parle en connaissance de cause…

Il faut ensuite assumer le petit monstre que l’on a créé et la tâche n’est parfois pas aisée. J’en veux pour exemple mon deuxième roman policier « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra (peut-être) les siens ». Que n’ai-je entendu à propos de ce titre ? Et justement je vous propose de relire un article (ci-dessous) que j’avais écrit à ce propos, excédé par les réactions qu’il suscitait dans certains salons du livre. Une chose est sûre, il ne laisse jamais indifférent, je ne regrette pas ce choix.

Mon titre de roman n’est pas celui que vous croyez !

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra (peut-être) les siens ». Voici le titre de mon roman policier paru l’année dernière et pour lequel je prends la plume aujourd’hui afin de le défendre devant toi, cher lecteur (Permets-moi de te tutoyer…).

Défendre quoi au juste ? Pas le contenu, le livre a été grandement apprécié par beaucoup de ceux qui l’ont lu. Non, ce que je vais défendre, c’est le titre !

Pour quelles raisons en parler maintenant ?

Lorsque j’ai choisi ce titre, je l’ai fait en connaissance de cause, je le savais original et percutant, sans doute en réaction à mon premier polar « Rendez-vous à Saint-Antoine »… Qui dit percutant, dit provocateur, je savais que toi, lecteur, tu réagirais. Je ne pensais pas que cela prendrait de telles proportions…

Au début, cher lecteur, tu me félicitais d’avoir retrouvé cette citation, de l’avoir reformulé à ma façon. Tu admirais aussi la belle couverture bleue avec deux personnages armés se faisant face… En général, que ce soit dans les librairies ou dans les salons du livre, tu paraissais intrigué, tu cherchais à savoir ce qu’il y avait derrière la fameuse citation trouvée dans le Dialogus miracolorum de Pierre Césaire de Heisterbach (à tes souhaits !) vers 1220 – Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens – que l’on a prêtée à Arnaud Amaury lors de la croisade albigeoise contre les hérétiques cathares de Béziers. Citation a priori inventée de toute pièce, mais qui évoque un massacre à caractère fanatique (Massacre d’abord, discute après…).

Je le précise de suite, nulle mention de religion, de fanatisme ou de terrorisme dans mon roman (tu vois où je veux en venir ?). L’explication d’un tel titre se trouve à la fin du livre. Mon personnage, le lieutenant Jacquier, est simplement lassé du nombre de morts survenus lors de l’affaire dite du « Trésor ». Il se souvint alors de cette citation, qu’il avait appris de la bouche de son grand-père.

Dès sa sortie, certains d’entre vous me regardaient suspicieusement, tentant de déceler derrière cela, soit une œuvre à caractère iconoclaste et anticlérical, soit au contraire un livre parlant de religion faisant de son auteur un théologien… Bon, je dois dire que ça ne me dérangeait pas plus que ça, étant habitué à passer moi-même pour un original…

Non, ce qui me gêne, c’est que depuis quelque temps, tu me regardes méchamment (bon, pas toi qui es derrière l’écran, attaché à ton clavier [ou à ton smartphone] depuis des heures, mais « l’autre »). Depuis les attentats de Charlie Hebdo survenus en janvier 2015, et plus encore depuis ceux qui se sont produits à Paris en novembre dernier, j’ai l’impression que mon titre te dérange vraiment !

Je lis de la haine dans tes yeux, je vois ton regard se durcir, s’assombrir. Nul événement sans que l’un des tiens pousse un soupir, ne détourne la tête d’un air méprisant…

Quand cela se passe bien, tu me demandes, interloqué, la raison d’un tel titre et si je l’avais écrit sur le sujet des attentats (c’est du vécu, comment aurai-je fait si vite ?).

Au pire, comme c’est arrivé, tu lances un commentaire dont je me passerais volontiers : « Oui, c’est ça, il faut tous les tuer ! ».

Bref, si je t’écris, lecteur, c’est que depuis le 13 novembre, tu dois t’affranchir de ta peur et de tes haines. Je sais, c’est difficile, j’ai vu à quel point une citation remaniée de 9 mots « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra (peut-être) les siens » pouvait te choquer, te heurter, te ramener à ces heures douloureuses. Mais qui puis-je ? Suis-je coupable à tes yeux de sorcellerie ou même d’hérésie ?

Ai-je foulé en quoi que ce soit l’âme d’une nation, moi qui défends ses valeurs et dénonce la barbarie sous toutes ses formes à chaque fois que j’en ai l’occasion ?

Ne crois-tu pas qu’il faudrait prendre un peu de distance avec les mots pour éviter que tu sois choqué par le titre d’une œuvre fictionnelle ?

Je te le dis, je n’écris pas sur des faits réels. Certes, derrière la fiction se cachent des éléments historiques qui ont bel et bien existé. Cependant, à titre d’information, je n’aime pas parler de terrorisme et des barbares qui s’en revendiquent. Ils font partie de toute une clique, au même titre que les tueurs d’enfants. C’est la négation de l’humanité, tout ce qu’on peut abhorrer (prends un dictionnaire…) chez l’être humain. Il y a des auteurs pour aborder ces sujets si sensibles, trop sensibles pour moi… Pour ce qui est des « vraies » affaires, peut-être en aborderai-je une un jour, mais seulement si on me le demande. Là où je vis (à Grenoble), ce n’est malheureusement pas ce qu’il manque, des personnes qui se font tuer pour rien… Partout dans le monde, à Paris, mais aussi au Liban, en Tunisie, en Égypte, en Irak, en Afghanistan, des gens meurent pour rien, tués par des imbéciles.

Pour finir, je voudrais te poser une question : crois-tu vraiment que mon titre peut dévoiler mon âme ?

Je pense qu’une personne honnête ne va pas se limiter à regarder la façade d’une maison ou la carrosserie d’une voiture (et ainsi de suite…), mais va s’intéresser aussi à l’intérieur.

Alors, ne regarde pas que mon titre, mais va plus loin, lis au moins le résumé, feuillette quelques pages, donne-moi une chance et va au-delà des apparences !

N’hésitez pas à commenter, ajouter vos remarques et vos propres astuces.